Un jour de vent.

Tous les mardis, notre glaciologue Kevin se rend au pied du mât iono, l’endroit le plus éloigné et accessible de la base pour mettre en place son espèce de « piège à air » , un tube en verre contenant des filtres et réalablement vidé de son air , emmitouflé dans de la mousse, le tout protégé par un tube en PVC. Vue de loin, le tout ressemble assez à un truc bien bricolé.

Ce « machin » , il doit le placer à l’extérieur, dans une niche prévue pour, loin de toute source de pollution, quelle soit d’origine anthropique ou non. Bon on pollue quand même un peu ici ; la centrale, la cuisine, le garage…Et l’été, nos amis les manchots-adelies ne sont pas en reste, à en juger par la forte odeur de poulailler qui se dégage de la base à cette époque là. Bref, pas possible de placer son dispositif juste à la sortie de son labo. Obligé de le déplacer à l’autre bout de l’ile. En temps normal, se rendre au mat iono, ce n’est ni long, ni difficile. Il suffit de suivre une ligne de vie tendue entre les derniers bâtiments et le dortoir été, puis descendre une pente assez tranquille et nous y sommes. Aujourd’hui, le vent souffle à près de 160 km/h, plus encore selon la configuration des lieux, l’emplacement des bâtiments. Louis, Etienne et moi décidons d’accompagner notre glacio.


Equipement de rigueur : masques cagoules, gants et vêtements chauds coupe vent. Il fait presque -12ºC, ce qui donne une température ressentie qui tourne autour des -30ºC.

Nous quittons les derniers bâtiments et nous nous agrippons à la ligne de vie. Elle ne sert pas seulement à indiquer une direction. Je m’y agrippe. De temps à autres, le vent me déséquilibre entre deux appuis, deux rochers. Nous avons le vent de 3/4 face nous avançons péniblement, ça devient encore plus dur lorsqu’on arrive au sommet de la petite colline.

Le vent s’est encore accéléré au sommet. Je comprend maintenant pourquoi certains hivernants disaient s’être mis à 4 pattes pour franchir le passage. Nous tenons fortement la corde, je retient mon masque, j’ai peur qu’il ne soit emporté.

Tout près de l’abri, au pied du mat iono, la neige s’est transformée en glace. On doit assurer chaque pas pour ne pas repartir en arrière à chaque bourrasque. Louis finira par mettre ses crampons pour franchir les 50 derniers mètres.

Quelques minutes pour se réchauffer et préparer la manip. Puis il faut y aller. Kevin manque se faire renverser en plaçant sont tube. Louis le retient puis s’agrippent tous les deux pour fixer et connecter l’ensemble. Au passage, la connexion se fera à mains nues ! Je lui laisse mes gants une fois que c’est terminé, nous rentrons nous mettre à l’abri et vérifie que tout fonctionne comme attendu, Et nous rentrons, cette fois , le vent dans le dos. seul le déséquilibre reste à gérer.

Post Author: Vicent

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